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Trois rendez-vous littéraires à ne pas manquer

Grasset

Apprentis lecteurs et lectrices, préparez vos marque-pages. Dès ces mois de janvier et février, une salve de nouveautés débarque. Suivez le guide, La Quotidienne dresse sa sélection non-exhaustive d’histoires rocambolesques et intrigantes.

Après Et vivre encore (Grasset, 2019), récit autobiographique au sein duquel il raconte comment la sclérose en plaque a modifié son rapport à la vie, Pierre de Cabissole signe le 31 janvier Le Carnaval sauvage (Grasset) un premier roman glaçant. Il s’y révèle maître de l’horreur et du suspens, aussi observateur des nobles sentiments que des ressorts de la rage et de la jalousie.

Chaque année à Cambaron, petit village du Sud de la France, le carnaval sauvage vient clore les vendanges. Le temps d’une journée, la population s'adonne à un rituel païen et orgiaque où les hommes, masqués et habillés comme des bêtes, chassent les femmes vêtues de blanc, victimes consentantes bientôt traînées dans la lie de vin et les excréments. Maria n’y a pas assisté depuis qu’elle a intégré l’Ecole Normale Supérieure et a enfin pu quitter son "village d’arriérés" où la jeunesse croupie et les femmes comme elle, les homosexuelles, sont moquées ou rejetées. Ce jour-là, elle a laissé son père, veuf taciturne et mutique, en se disant qu’elle devait vivre. Et Agnès, son premier amour, pense qu’elle pourrait l’oublier. Elle n’a pas pu. Elle revient trois ans plus tard, à l’occasion des vendanges, pour, pense-t-elle, la sauver en la tirant de là. Tandis que la fête sauvage se prépare, son retour ravive les tensions et les haines, prêtes à exploser le jour du carnaval… Construit comme une bombe à retardement, le roman s’ouvre en pleine bataille, au milieu du carnaval dans lequel Maria cherche Agnès. Il revient ensuite en arrière, au jour de son retour, et avance ainsi jusqu’à rejoindre les festivités et se clore dans le bain de sang de leurs dernières heures.

Au tout début de février, les éditions Rivages apportent un peu de chaleur italienne. La maison d’édition publie Les cœurs bombes, la suite des aventures du jeune Rosario, palermitain en quête de justice et d’absolu. Après la sortie De rien ni personne (Rivages), en 2020, Dario Levantino poursuit sa trilogie, qui s’achèvera avec La violence de mon amour, publié en 2021 en Italie.

"J’ai seize ans, une maman malade et toute une vie devant moi". Ainsi commence Les Cœurs bombes, deuxième roman de Dario Levantino, où l’on retrouve le jeune Rosario qui, tels les héros de la mythologie, ne craint rien ni personne. Il vit toujours à Palerme, dans le quartier populaire de Brancaccio, seul avec sa mère trop fragile. Leur situation économique est si précaire que les services sociaux interviennent. Après quelques mois de souffrance et de rage dans une famille d’accueil qui le maltraite, Rosario décide de fuir, tel Oliver Twist, le héros du livre qu’il cache sous son oreiller. Un roman incisif et vibrant sur la force des attachements profonds, sur le passage à l’âge adulte dans un univers de défis, transcendé par l’amour, le pouvoir des livres et l’ivresse du sport.

Après Les manigances de MargauxCharlotte se chercheLucie se rebiffe et Les Tourments d'Hermine, tous parus aux Escales, l'avant dernier tome de la série L’Immeuble de la rue Cavendish, intitulé Léa se lâche prolonge l’expérience littéraire typiquement parisienne.

Finies les études pour Léa ! De retour à Paris, elle est prête à profiter pleinement de sa vie d'adulte. Pas sûr cependant que sa famille, ses voisins et leurs mille difficultés lui en laissent l'opportunité… Après des études loin de la capitale, Léa est de retour à Paris et emménage au sixième étage de l'immeuble de la rue Cavendish. Entre son stage dans une boîte de production (son rêve : devenir réalisatrice), un petit ami qui galère pour financer ses études, des voisins hauts en couleur et sa famille, au premier étage, qui semble avoir grand besoin de ses conseils avisés, elle ne risque pas de s'ennuyer ! D'autant plus qu'elle s'est mise en tête d'enquêter sur le mystère de la chambre de bonne à côté de la sienne… Au milieu de ce joyeux bazar, trouvera-t-elle le temps de profiter de la vie ?